C’est désormais une évidence : la Terre se réchauffe et les changements climatiques vont au mieux remodeler notre monde, au pire le conduire à sa perte. Avec un ou deux degrés de plus, notre planète, déjà surchauffée par les émissions de gaz à effet de serre, risque de s’embraser.
Au Nord, ce sont d’abord nos conforts et nos économies qui vont souffrir ; au Sud, ce sont les populations qui devront fuir leurs territoires devenus invivables. Mais cette frontière nord-sud n’est plus uniquement géographique : elle traverse désormais les pays développés comme les pays émergents. Partout, ces changements vont aggraver les inégalités, les injustices et la fracture sociale.
Les premières victimes sont et seront à l’avenir les populations déjà les plus vulnérables et les pays les plus pauvres : crises humanitaires, exodes, atteintes aux droits de l’homme risquent de se multiplier dans un futur proche.

Cette crise, programmée pour les décennies à venir, n’épargnera personne et n’appartient plus aux seuls écologistes. Elle s’impose déjà comme un défi global à toute l’humanité.
Du 7 au 18 décembre prochain, se tiendra la conférence des Nations Unies sur le climat à Copenhague. La communauté internationale doit y élaborer un accord global qui prendra la suite du protocole de Kyoto. Elle doit y consigner l’émergence d’un environnement économique et juridique nécessaire et propice à la transformation écologique de l’économie à grande échelle pour faire face au péril climatique à venir. Les pays industriels doivent dire haut et fort qu’ils sont prêts à changer de paradigme énergétique et redéployer leurs économies, leurs industries et leur recherche avec une exigence décarbonée.
Ce sommet était annoncé comme un rendez-vous avec l’Histoire, hors, depuis quelques semaines, une vague de pessimisme, voire de fatalisme sur son issue, s’est emparée du monde entier. Une grande partie des médias et certains contributeurs (Chine et les Etats-Unis notoirement) jouent les Cassandres et s’accordent à dire qu’un accord mondial de lutte contre le réchauffement climatique semble aujourd’hui compromis.
Cette résignation latente ne doit pas être prise pour un jugement définitif. Rappelons à toutes fins utiles que la conférence ne s’est pas encore tenue et que jour après jour, les lignes bougent et elles bougeront encore.
Une volonté politique forte demeure la condition essentielle et exclusive d’un succès à la hauteur des enjeux de la Planète et des attentes de l’Humanité. Elle n’est pas inaccessible dans les jours à venir. En date du 22 novembre, soixante-cinq chefs d’Etat et de gouvernement ont déjà confirmé leur participation au sommet.
La majorité des pays, y compris l’Afrique et les Petits Etats Insulaires continuent de faire pression auprès de nos dirigeants politiques pour qu’un tel accord soit adopté.
La France en particulier mettra tout en œuvre pour que le Sommet de Copenhague débouche sur un authentique succès et pas un faux-semblant. “Nous n’accepterons pas un accord au rabais” martèle Nicolas Sarkozy.
Grâce au Grenelle de l’Environnement, notre pays dispose d’un crédit de confiance non négligeable dans le monde. Il n’a échappé à personne que c’est sous Présidence française, celle de Nicolas Sarkozy, que le Paquet Climat Energie a été adopté à l’unanimité entre les 27 pays européens.
Grâce à un texte commun signé le 14 novembre, entre les Présidents Sarkozy et Lula, la France et le Brésil affichent leur volonté de contrer les Etats-Unis et la Chine, en les empêchant de s’entendre à l’écart des 190 autres pays qui participeront au Sommet de Copenhague. Ils entendent ainsi, ne pas laisser Obama et Hu Jintao s’accorder sur des bases considérant les réalités économiques et les intérêts très particuliers de leurs seuls deux pays.
L’Europe est en avance sur le reste des pays industrialisés dans la réduction des gaz à effet de serre et a un rôle éminent qu’elle compte tenir à Copenhague. Il est d’ailleurs de très bon augure que le couple politique Sarkozy-Merkel soit aussi soudé pour cette négociation.
La volonté motrice de la France, l’influence diplomatique de grandissante de l’Europe sur la scène internationale, l’unité et la vigueur du tandem ” Sarkozy-Merkel” et l’impatience des nations qui seront touchées les premières par le réchauffement sont autant d’indices objectifs garder espoir.
Nul ne saurait dire aujourd’hui si le protocole de Kyoto survivra à Copenhague, si un accord global et unique, comme le demande l’Union Européenne, viendra le remplacer, ou si l’obstination de certains rendra simplement caduc le protocole.
Chacun en appelle à la responsabilité des autres, mais la responsabilité collective peine à s’afficher.
Ce n’est pas seulement la France, ni même l’Europe, qui attend des décisions mais 1, 2 Milliards d’hommes et de femmes en Afrique, au Brésil, au Chili, au Mexique, au Cambodge, au Laos.
Les initiatives populaires se multiplient pour témoigner d’une volonté citoyenne et d’une solidarité humaine massive à tranvers le monde.
Si vous souhaitez exprimer votre exigence aux dirigeants du monde entier, vous pouvez signer l’appel sur l’ultimatum climatique :
L’Ultimatum Climatique : http://www.copenhague-2009.com/
Le groupe Facebook : http://www.facebook.com/pages/LUltimatum-Climatique-wwwcopenhague-2009com/98440608556
Caroline Morard (Twitter)










Le sommet de Copenhague serait plus crédible s’il faisait référence au problème de la démographie et s’il décidait la tenue d’une nouvelle rencontre sur le sujet. En effet, consacrer 7 $ à la satisfaction des besoins non satisfaits de services de planification familiale permettrait de réduire les émissions de CO2 de plus d’une tonne, tandis qu’en supprimer la même quantité par des technologies faiblement émettrices de carbone coûterait au moins 32 $. En d’autres termes, investir une petite part du coût total de stabilisation des émissions de carbone dans la planification familiale est 4 fois plus efficace que d’investir la même somme d’argent dans des solutions classiques. (Fewer emitters, lower emissions, less cost by Thomas Wire).