“Il a été décidé de procéder au recrutement de 900 cadets de la République à compter du 1er octobre”, a annoncé le ministre de l’Intérieur après une réunion interministérielle mercredi à Matignon. Le ministre a voulu mettre fin à la controverse née de la décision de son ministère de reporter l’incorporation des jeunes admis dans les écoles des “cadets de la République”. Ajoutant : “les engagements pris vis-à-vis de ces jeunes seront tenus”.

Une formation en alternance
A l’origine des “cadets de la République”, Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. L’objectif : favoriser la mixité sociale au sein de la police. Comment? Des jeunes non bacheliers bénéficient d’une formation en alternance (rémunérée à hauteur de 600 euros par mois) les préparant ainsi au concours de gardien de la paix, pour lequel le bac est exigé.
L’ajournement de la formation
Ils étaient 1050 garçons et filles âgés de 18 à 25 ans à réussir les tests pour entrer le 1er septembre dans les écoles de police afin de devenir cadets de la République. Mais fin juillet, ces jeunes recevaient un appel téléphonique leur annonçant l’ajournement de cette formation, suivi d’une lettre, avait reconnu mardi le ministère de l’Intérieur.
Colère chez les syndicats policiers, tandis que les futus élèves étaient désarçonnés par l’annonce ayant tout lâché pour suivre la formation. Le porte-parole du premier syndicat de gardiens de la paix, l’Union syndicale majoritaire, Yannick Danio, s’était offusqué : “On met des jeunes, très motivés par le métier de policier, au chômage, c’est scandaleux”.
2700 personnes dans l’attente
Brice Hortefeux a rétorqué mercredi que la décision était “purement administrative et comptable”, dans une interview accordée au quotidien Le Figaro. ”Ce programme qui connaît un vif succès auprès des jeunes est un élément phare de la politique de promotion de l’égalité des chances et de la diversification du recrutement que mène ce ministère depuis 2002″, a-t-il précisé dans un communiqué.
Pour le secrétaire général du syndicat Alliance-police, Jean-Claude Delage, le problème des 1050 cadets “n’est qu’une partie du problème puisque 2700 personnes qui ont réussi le concours de gardiens de la paix attendent elles aussi d’être admises dans les écoles, ainsi que 700 adjoints de sécurité”.
“Les questions budgétaires”
S’ajoutent notamment les contraintes budgétaires provoquées par l’allongement de l’âge du départ à la retraite à 65 ans. Il limite le nombre de départs et coûte relativement cher car un jeune policier ne perçoit pas le même salaire qu’un ancien. “Les questions budgétaires ne doivent pas créer le désordre social auprès de jeunes à qui on a promis une incorporation”, fustige Jean-Claude delage.
Laurène Després
Source: L’Express
Photo: James Whisker









