“On voit souvent des parents qui sont un peu surpris parce qu’un enseignant, absent pour des raisons tout à fait légitimes, en particulier une formation, n’est pas remplacé aussi rapidement qu’on le souhaiterait dans son école”, a commenté mardi le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, au micro de RTL.
Une agence dédiée au remplacement des enseignants absents verra bientôt le jour. L’idée, lancée en mai 2008 par Xavier Darcos, devrait naître en septembre. La structure aura pour mission d’améliorer l’intérim des instituteurs et des professeurs, en optimisant les moyens disponibles dès à présent.

Le directeur de l’agence nationale sera prochainement désigné par arrêté. L’objectif majeur étant de planifier les besoins et d’y répondre plus efficacement qu’aujourd’hui.
Dépasser les frontières administratives
Au total, l’Éducation nationale accuse un taux d’absentéisme de 6% environ. Et le ministère dispose d’un potentiel de remplacement de 50 000 postes, qu’il mobilise à 80 % seulement. “Selon nos calculs, 10 000 postes ne sont pas suffisamment utilisés à cause d’une gestion trop rigide des ressources humaines”, précise-t-on au cabinet du ministre.
Chaque académie dispose d’un certain nombre d’enseignants titulaires remplaçants qui ne peuvent intervenir chez ses voisines. A l’échelle nationale, l’agence sera en mesure de remédier à ce que l’entourage de Luc Chatel appelle le “syndrome du périphérique” : des élèves sans professeur à Paris, alors que des remplaçants sont disponibles au même moment dans une ville voisine coincés derrière la frontière administrative.
Des missions de courte durée
L’agence devra également gérer les pics d’absence sur une année, comme la grippe saisonnière ou encore les départs anticipés à la retraite. Mais ne viendra pas se substituer aux rectorats, qui conservent l’intendance locale. A la tête d’une trentaine d’employés, la structure pourra par ailleurs faire appel à des vacataires, disponibles immédiatement, pour les missions de courte durée.
Un plus dans la réduction des effectifs
“Le risque est d’assister à une dégradation des conditions de travail des contractuels”, déplore Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, qui remarque et regrette par ailleurs “l’absence totale de concertation sur ce dossier”.
Et au ministère de rétorquer que le but reste “d’assurer une meilleure continuité du service public”, réclamée avec insistance par les parents d’élèves. Une aubaine dans la politique de réduction des effectifs, puisque l’optimisation des moyens permettra “le non-renouvellement de 3 000 emplois à la rentrée 2009, tout en améliorant le service rendu à l’usager”, selon les notes des services de Xavier Darcos, fin 2008.
Laurène Després









