Lundi, l’avocat de Julien Dray a déposé une plainte pour ”violation du secret de l’instruction”. Ce recours vient en réponse à la parution vendredi par Le Monde et Mediapart, du contenu de l’enquête préliminaire pour “abus de confiance, faux et usage de faux” dont est soupçonné le député. Le rapport avait été rendu aux avocats le jeudi.

Me Forster accuse la pression médiatique. Dans une lettre transmise au procureur de la République de Paris, il estime ces fuites opressantes pour le parquet qui pourrait se “contraindre à renvoyer l’affaire la procédure devant le tribunal”. Des fuites qui auraient pour but, selon lui, de forcer Julien Dray “à s’expliquer directement dans la presse sur le fond de l’affaire et dans des conditions qui ne garantissent pas l’égalité des armes”.
Des réserves
“J’ai saisi vos services de plusieurs plaintes et il apparaît que les diligences n’ont pas abouti, ce qui m’amène à me poser la question sur le sérieux de celles-ci”, déplore Me Forster dans son courrier au procureur, Jean-Claude Marin.
“Je vous demande solennellement de mener par vous-même l’enquête sur ces violations répétées du secret de l’enquête”, écrit l’avocat du député PS de l’Essonne. “Il est évident que si elle n’aboutissait pas, le justiciable devrait considérer que l’application des règles de droit n’est plus assurée dans notre société”, précise-t-il.
Et d’ajouter qu’il demandera au tribunal, si son client était renvoyé, l’annulation de cette procédure “viciée depuis le départ comme délibérément attentatoire aux règles minimales établies par la Convention européenne des droits de l’homme”.
L’avocat de Julien Dray rappelle qu’il avait “émis des réserves sur les conditions légales” de la transmission de l’enquête préliminaire. Une première dans ce genre d’enquête où le prévenu n’a pas accès à la procédure.
Des irrégularités
“Accablante” serait l’enquête pour Julien Dray et ses proches selon Mediapart et Le Monde. Un qualificatif qui émane du dossier de 4 OOO pages sur CD-Rom remis à six avocats. Les policiers de la brigade financière ont épluché les comptes de Julien Dray sur trois ans, de fin 2005 à fin 2008.
Les investigations “ont confirmé l’existence d’un véritable ’système’ d’évaporation de fonds au profit du député de l’Essonne (…) mais a aussi révélé de graves irrégularités dans la gestion de (SOS-Racisme) qui devraient également avoir des suites pénales”, assure Mediapart. Le site affirme également que Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, “ne devrait renvoyer qu’une demi-douzaine (de personnes) devant le tribunal correctionnel”.
L’avis du parquet
“Aucune décision relative à la qualification d’éventuelles infractions et a fortiori aucune décision de mise en œuvre de l’action publique n’a été prise en l’état”, selon les déclarations du parquet vendredi.
C’est en fin d’année dernière que le parquet de Paris a communiqué l’existence d’une enquête préliminaire. A l’origine, Tracfin qui avait dénoncé les mouvements de compte suspects le 28 novembre 2008. Les services du procureur évoquaient des détournements de fonds “commis à des fins apparemment personnelles” au préjudice de l’association “Les parrains de SOS Racisme” et de la FIDL entre janvier 2006 et septembre 2008. Au total, près de 36 heures en trois jours durant le mois de juin, les enquêteurs de la brigade financière ont entendu Julien Dray comme témoin.
Laurène Després
Source: Nouvel Obs










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