Une “mesure révolutionnaire” selon Daniel Cohn-Bendit. Alors que la taxe carbonne fait grincer les dents du PS, l’Euro-député apporte son soutien à Nicolas Sarkozy dans un entretien accordé aux Echos.

“L’ère de l’impôt écologique”
“Il faut tenir bon”, a déclaré le leader d’Europe-Ecologie. Pour lui, il ne s’agit pas de reculer maintenant alors que c’est “une idée juste, proposée d’ailleurs par le Grenelle de l’environnement”.
“Ce n’est pas un impôt nouveau!”, a-t-il martelé. Mais “une taxe qui rapportera 8 milliards d’euros l’an prochain et qui doit être redistribuée aux ménages et aux entreprises”, a-t-il insisté. Et de relativiser : “Les Français doivent comprendre que la contribution climat-énergie n’est pas fatale”. C’est une évolution qui consiste à “moins imposer le travail et entrer dans l’ère de l’impôt écologique”.
Le problème de la redistribution
Le rassembleur des Verts a concédé que la mesure “ne peut voir le jour que si elle est socialement juste”. Dans sa redistribution, notamment, qui “doit se faire en fonction du niveau de vie des familles, en tenant compte du nombre d’enfants”, a-t-il précisé. Selon lui, “il faut aller vers les revenus les plus bas, soulager ceux qui ont un trajet important pour se rendre à leur travail et ceux qui travaillent à la campagne.” Dans l’axe, une “contribution climat-énergie (…) équitable.”
La taxe carbone européenne
La taxe carbone pourrait s’élever à 32 euros par tonne de CO2 émise. “Cela me paraît juste. Comme (…) de prévenir qu’on augmentera de 5% par année”, a estimé le co-président des Verts au Parlement européen. Outre la taxation des ménages, il faut se concentrer sur celle de l’industrie à forte consommation d’énergie. “L’incitation à consommer moins d’énergie fossile et à privilégier d’autres ressources est clairement insuffisante pour ces industries”, a jugé Daniel Cohn-Bendit.
Pour combattre les lobbies industriels, il assure que “la taxe carbone doit être mise sur la table au niveau européen, dès cette année”. Avec un accord “nécessaire” car, “si nous n’agissons pas fortement tout de suite, nous aurons des dégâts matériels liés au réchauffement climatiques qui nous coûteront beaucoup plus chers”, a-t-il justifié.
Le rapport de la conférence d’experts sur la contribution climatique, présidée par Michel Rocard, doit être mis au jour demain. Il viendra se poser sur les bureaux de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, et de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie.
Laurène Després
Source: Nouvel Obs, Les Echos









