Le taux de chômage chez les jeunes approche déjà les 23%. Et la rentrée risque d’être fracassante. Entre gels d’embauches, plans sociaux et nouveaux diplômés, l’emploi va faire grise mine.
Pour parer à la crise dans le marché du travail, l’Etat a décidé de prendre des mesures de soutien à l’emploi des jeunes. Annoncées le 24 avril, Nicolas Sarkozy s’évertue à les appliquer vite et bien.

L’alternance mal en point
A cette date, le chef de l’Etat avait envoyé le Président directeur général de Veolia démarcher les grandes entreprises. Le but : qu’elles acceptent de former des jeunes en alternance. “Loin d’être un fardeau pour l’entreprise, (c’)est un formidable investissement, peut-être le plus rentable”, a affirmé Henri Proglio lors de son retour mercredi à l’Elysée. Compte-rendu positif pour un projet réussi puisque cinquante grands patrons (EDF, Crédit Agricole, Coca Cola…) se sont engagés à prendre en charge au total 100 000 personnes en alternance durant l’année 2009-2010. Soit 24 000 jeunes supplémentaires.
“Je demande solennellement à toutes les entreprises de France de suivre la voie que vous avez tracée”, a commenté énergiquement le président de la République. Au milieu de la crise, l’engagement des grands patrons n’est qu’un précieux mais petit coup de main. De janvier à mai, les contrats d’apprentissage ont chuté de 20% par rapport à la même période l’année passée. Les CAP et les BEP ne sont pas seuls touchés par la crise. Pour les Bacs pro et BTS, les contrats de professionnalisation perdent 38%.
En plus clair, ce sont 25 000 en moins de formés en alternance depuis janvier. Les décisions prises par l’Etat n’y ont rien changé. Les entreprises ont tourné le dos à l’exonération de charges pendant un an pour les contrats d’apprentissage signés avant fin juin 2010, à l’aide de 1 000 à 2 000 euros par contrat de professionnalisation, entre autres.
La collectivité locale à l’honneur
La majorité mise même sur les contrats aidés. Mercredi, Laurent Wauquiez a rassemblé une dizaine deL maires. Ils font partie des premiers à avoir proposé des contrats d’accompagnements vers l’emploi (CAE) passerelles. Ces contrats diffèrent des CAE classiques qui n’ont pour but que de s’occuper des chômeurs de très longue durée. Ici, la collectivité locale accueille un jeune diplômé pour un premier poste d’un an. Il vise ensuite à travailler dans le privé. Une solution pour permettre de valider la mention “première expérience demandée” qui freine beaucoup d’entrées dans le monde du travail.
Plusieurs mairies se sont lancées comme Courbevoie ou Epinal. Elles cherchents des informaticiens, des comptables, un architecte. A terme, le gouvernement table sur 30 000 CAE. Soit 168 millions d’euros à débourser pour un an.
Il faut dire que si les villes, départements et régions acceptent l’idée, c’est que l’Etat financent 90% des contrats passerelles. Sur la base d’un Smic à mi-temps, l’emploi coût de 104 à 157 euros par mois à la collectivité locale. Une aubaine qui a favorisé la signature de 6 000 contrats en juin. En un an, on observe une hausse de 25% dûe à la collaboration des collectivités, les associations, les entreprises qui ont conclu près de 40 000 CAE en juin. Si certaines villes comme Dijon ou Nantes sont montrées du doigt parce que récalcitrantes, d’autres Marseille ou Nice peuvent se féliciter de participer au recrutement.
Laurène Després
Source: Le Figaro
Photo: Ruminatrix









