“Plutôt que de vous livrer à l’autocritique, vous choisissez le confort de la critique du gouvernement”, a rétorqué François Fillon aux attaques de l’opposition.

Le PS a déposé une motion de censure pour faire sciller le gouvernement, la dixième depuis l’échec de la gauche à la présidentielle de 2002. Le premier ministre a qualifié leur texte de “caricatural”. “Cette motion (qui) arrive un mois après (leur) défaite aux élections européennes” a été rejetée, faute de voix malgré l’appui de François Bayrou : 225 sur les 289 nécessaires.
“Il est plus aisé de blâmer que de décider”, a clamé le chef du gouvernement. Sous les applaudissements nourris de la majorité, François Fillon a accusé une gauche qui n’a «ni projet, ni l’appui des Français». Sarcastique, il s’en est pris à Manuel Valls, le député-maire PS d’Evry qui critique régulièrement son parti, pour dépeindre une gauche «victime du syndrome de Fort Alamo».
Sur le ring, il a fait s’affronter une majorité qui «ajuste ses stratégies et ses idées en permanence» contre une gauche qui “ne renouvelle aucune de ses propositions.” “Nous sommes acquis à l’ouverture, l’opposition l’est au manichéisme”, a-t-il plaidé. Et, de déplorer l’attitude “d’opposition systématique” de la gauche.
L’opposition “fantasme”
François Fillon a défendu son travail à la direction du gouvernement contre l’opposition qui pointe du doigt l’hyperprésidence de Nicolas Sarkozy. Selon l’article 20 de la Constitution, c’est encore au premier ministre de “conduire la politique de la Nation”, a-t-il déclaré. Avec le chef de l’Etat, «nous sommes complémentaires et soudés dans l’action”, a-t-il ajouté. La “thèse du coup d’Etat permanent” n’est qu’un “fantasme” de l’opposition : “lui c’est lui, moi c’est moi”, a-t-il lâché non sans référence aux propos de Laurent Fabius par rapport à François Mitterrand.
Laurent fabius qui avait soutenu l’idée d’un allègement de l’impôt sur le revenu en 2000. Rappelant ce fait, le premier ministre a soulevé une nouvelle fois les applaudissements dans son camp, et provoqué des rires à gauche. Pour enfoncer le clou, il a également rappelé que le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, s’était dit favorable à un accroissement de la durée de vie professionnelle. Ces mesures qui font partie de la politique menée par la droite au pouvoir.
Un match Fillon/Fabius
L’allocution cinglante de François Fillon est venue répondre au discours acéré de Laurent Fabius. L’orateur du groupe PS a sommé les députés de «censurer la politique économique et sociale du président et du gouvernement».
L’ancien premier ministre a résumé : “Sarkozy s’est fait élire comme le candidat du pouvoir d’achat. Aux yeux de tous les Français, il est aujourd’hui M. chômage et M. déficit.” Selon Laurent Fabius, les propositions du chef de l’Etat sont «un peu courtes» pour faire frond à la crise. Et de noter que sur la scène internationale Nicolas Sarkozy “parle impeccablement à gauche», mais «lorsqu’il revient sur la scène nationale, il agit toujours à droite.”
La gauche toujours divisée
“Le projet, le projet”, ont alors réclamé des députés de la majorité. Aussitôt, Laurent Fabius a articulé un programme socialiste en quelques propositions : suspension du bouclier fiscal et des «dizaines de milliers de suppressions d’emplois publics», allongement de l’indemnisation-chômage des travailleurs précaires et des CDD. Une intervention de 20 minutes qui s’est soldée par les applaudissements des députés PS, debout.
Mais au sein du parti, la cohésion n’est jamais gagnée. Le dépôt de cette motion de censure n’emballe pas tous les socialistes. Julien Dray a ouvert la marche. D’après lui, ce choix n’est «pas opportun à la veille du 14 juillet», et accuse les nombreuses difficultés qui ferait du parti une «machine à bout de souffle», loin d’être sorti «des méandres et des divisions».
Laurène Després
Source: Le Figaro









