Dans une interview exclusive donnée au Nouvel Obs, le Chef de l’Etat s’explique sur Clearstream, le remaniement, ses possibles erreurs. Extraits.
Des regrets
Le Président admet certains torts, comme celui d’être allé au Fouquet’s fêter sa victoire électorale en 2007, fait qui lui a beaucoup été reproché. Il déclare ainsi “Je n’avais pas attaché à cette soirée une importance considérable. J’ai eu tort.” et il établit même un lien avec le Général de Gaulle, qui, lors de son retour au pouvoir en 1958, s’était rendu dans un grand hôtel parisien, La Pérouse, pour y donner une conférence de presse. Fait non critiqué alors.
Nicolas Sarkozy regrette aussi certains échanges qu’il a pû avoir avec des journalistes, comme avec Laurent Joffrin, qui est à la tête du quotidien national Libération, ou encore avec un journaliste de l’AFP. Pour ce dernier, il se justifie même:” Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté. J’en ai connu d’autres qui disaient à la télévision: “Des écoutes ? Moi, jamais.” “.
En répondant à la question du Nouvel Observateur “Dans les deux premières années de votre mandat, vous n’avez donc commis aucune erreur? “, le Président répond alors par la négative :“Certainement pas : j’ai commis des erreurs. (…) Il faut un temps pour entrer dans une fonction comme celle que j’occupe, pour comprendre comment cela marche, pour se hisser à la hauteur d’une charge qui est, croyez-moi, proprement inhumaine.”

Clearstream
Sur ce point, Nicolas Sarkozy est “étonné qu’on s’étonne” de sa présence en tant que partie civile dans le procès:”Si on trouvait votre nom sur le fichier d’une banque luxembourgeoise, cela ne vous intéresserait pas de savoir comment on se retrouve dans une histoire comme celle-là ?”.
Pour lui, le fait que le parquet demande le renvoi de Dominique de Villepin n’est que justice, et demande même à ce que l’on laisse la justice faire “pour que plus jamais des officines ne puissent salir en toute impunité“.
Le remaniement
Regrets aussi concernant Rama Yade, qui a refusé d’être inscrite aux listes européennes :”l’élection au suffrage universel de cette jeune femme, cela aurait été magnifique comme signal”. Et en parlant de la suppression du secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme, il déclare que “ce n’est pas la fin des Droits de l’Homme”.
Son ouverture, avec la nomination de Frédéric Mitterrand, a été critiquée, mais le Président s’en défend, disant “j’avais trouvé son livre “la Mauvaise Vie” courageux et talentueux ; il a fait un étonnant travail à la Villa Medicis ; il a de l’enthousiasme.“
Pour lui,” l’un des grands problèmes de la France est le sectarisme“. Et celui de l’opposition “c’est d’être à ce point fermée. Nous avons connu cela nous-mêmes. L’erreur qu’a commise la droite à l’époque du Pacs ! C’était ridicule et outrancier. On s’est trompé. J’en ai tiré des conséquences définitives. Jamais il ne faut se raidir. Jamais il ne faut se bunkériser, jamais il ne faut détester.”
Source : Nouvel Observateur
Claire Crépon









