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Le président de la République arrive jeudi aux Antilles. Il commence par la Martinique mais n’ignore pas que la tension sociale reste vive. Les revendications contre la vie chère et la pwofitatyon sont moins radicales mais elles demeurent. On ne peut d’ailleurs pas réduire le mouvement engagé en janvier et février à une simple poussée de fièvre contre les monopoles et pour une égalité sociale plus souvent rêvée que réelle. M. Sarkozy fait preuve de novation dans la gestion des remaniements. Aux Antilles, il peut aussi bousculer les codes. Le vieux compromis républicain entre la République et ses territoires les plus éloignés date de la départementalisation de 1946. Il est à bout de souffle et doit être réactualisé en termes de citoyenneté, de démocratie économique et de développement régional. Il faut bâtir un nouvel ordre équitable entre la République et l’Outre-mer, faire preuve d’imagination, briser des tabous y compris psychologiques et faire tomber des monopoles pour mieux partager la richesse. C’est un chantier ambitieux à au moins une génération. Le mérite en reviendra aussi à celui qui aura osé briser les chaines de l’Histoire.
Pascal Perri
Professeur d’économie
Co auteur de « La révolution antillaise » Eyrolles France Ô sous la direction de Luc Laventure
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