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Nicolas Sarkozy aime casser les codes. En nommant Mme Penchard rue Oudinot, le président abolit la tradition qui voulait qu’un ministre de l’outre mer ne soit pas issu des territoires ultramarins. Cette règle ancienne visait au respect de la neutralité territoriale. Un ministre de l’Outre-mer « guadeloupéen » aurait été immédiatement soupçonné de privilégier son propre territoire au détriment des autres et ainsi de suite. Une des seules exceptions demeurera la nomination du polynésien Gaston Flosse par son ami Jacques Chirac au poste de secrétaire d’Etat chargé du Pacifique sud en 1978. Jusqu’à ce jour, la géopolitique gouvernementale pour l’Outre-mer était bâtie sur le principe de l’égalité des territoires face au pouvoir central. Rien d’étonnant dès lors à ce que l’arrivée de Mme Penchard fasse des mécontents. Quand on désigne un ultra marin à la tête de l’Outre-mer on fait en général un heureux ou une heureuse et de nombreux déçus, issus des autres départements. Par définition, tous ceux qui n’en sont pas sont plus nombreux, et souvent plus bruyants que celui ou celle qui est assis dans le fauteuil du ministre. Mais, dans le cas de Mme Penchard, il y aussi parmi les contestataires la présidente de l’UMP en Guadeloupe. Mme Gabrielle Louis-Carabin brandit la menace de sa démission du parti majoritaire. Dans le cadre des européennes, elle avait déjà préféré le candidat d’Europe écologie à son propre camp et à sa tête de liste …Mme Penchard, imposée, selon elle, par les instances nationales. Jusqu’à mardi soir, Mme Penchard était la conseillère du président de la République pour l’Outre-mer. Le choix de Nicolas Sarkozy est un choix personnel et politique. Il vise à mettre le nouveau ministre en piste pour les régionales de l’année prochaine. En Guadeloupe, la région est tenue par M. Victorin Lurel, classé à gauche, celui là même qui avait battu Mme Michaud Chevry (la mère de Mme Penchard) aux dernières élections. La boucle est bouclée mais les risques d’une opération aussi audacieuse sont nombreux d’autant que les Etats-généraux vont rentrer dans une phase plus opérationnelle. Il faudra bientôt joindre le geste à la parole et après les experts viendra le temps des décisions politiques.

Pascal Perri
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