Par Pascal Perri. Professeur d’économie, co-auteur de «La révolution antillaise», sous la direction de Luc Laventure, Editions Eyrolles avec France Ô, 2009.
Les 40 jours de grève générale qui ont paralysé la Martinique et la Guadeloupe, affecté la Guyane et la Réunion, en janvier et février dernier ont laissé ces territoires exsangues. On ne compte plus les défaillances d’entreprises, particulièrement dans les deux départements français d’Amérique. L’augmentation massive du chômage frappe toutes les catégories de la population. Les hôtels restent vides en dépit d’offres tarifaires alléchantes des compagnies aériennes qui desservent ces destinations.
En pleine crise, Nicolas Sarkozy était intervenu sur France Ô, en choisissant de s’adresser directement aux Français de l’Outre-mer. Il avait dénoncé les monopoles, les situations d’exception et pour reprendre le mot d’Aimé Césaire, le mal développement qui touche ces territoires depuis trop longtemps. Sarkozy avait promis des Etats-généraux et un voyage sur place pour suivre les travaux engagés dans les groupes de travail. Le voila maintenant au pied de la montagne. La crise de l’hiver dernier a montré les limites du vieux compromis bâti au moment de la départementalisation en 1946. A juste titre, les Antillais ont exprimé massivement le sentiment que la République n’aimait pas tous ses enfants de la même façon.
La départementalisation devait apporter l’égalité. Elle n’est arrivée au plan social que durant le premier mandat de Jacques Chirac. Les promesses de la République ont mis un demi-siècle à traverser l’Atlantique ! Les lois de défiscalisation devaient donner un coup de pouce aux économies locales en stimulant les investissements. Dans la plupart des cas, elles n’ont été que des lois d’opportunités fiscales favorables aux investisseurs mais sans impact réel dans la vie des ultramarins.
Nicolas Sarkozy est allé loin dans les intentions pour changer la donne et redistribuer les cartes, notamment dans le domaine économique où un grand ménage doit être fait. M. Sarkozy, à la différence de certains de ses prédécesseurs n’a pas cette histoire là dans la peau. Il n’a pas ce tropisme pour les cocotiers et les plages de sable blanc. C’est un avantage dont il peut tirer partie. Avec l’Outre-mer, l’actuel chef de l’Etat est donc vierge de toute attache. Il doit poursuivre le processus de refondation engagé avec les Etats-généraux : passer d’une politique de guichet à une politique de projets.
Sur place, en Guadeloupe et à la Martinique, l’homme de la rue dit que plus rien ne sera comme avant. Il est vrai qu’une partie des acteurs du conflit va maintenant devoir sortir du bois. Qui est vraiment Elie Domota, le Robin des bois antillais ? Un fonctionnaire de la République qui bénéficie des prime de vie chère (et des jours de grève payés) ou un indépendantiste qui entend profiter de la confusion pour faire avancer son projet politique ? Le voyage du président de la République est un voyage à risque, mais pour qui l’est-il? Les conflits entre les différentes composantes du LKP ne sont pas encore arrivés dans le domaine public. En coulisse pourtant, M. Domota fait le grand écart entre les ambitions indépendantistes de certains de ses mandants et les aspirations de la population à plus de reconnaissance et plus de bien être. Le temps arrive ou Robin devra sortir du Bois !
Pascal Perri

Voyage Présidentiel aux Antilles, en partenariat avec LePost.fr et RFO










Il n’y a pas eu 40 jours de “grève générale”, mais 44 jours de blocage de la circulation, d’intimidations, de fermetures de force qui ont, de fait, paralysé toute activité.
Il n’y a jamais eu le moindre vote pour entamer ou prolonger cette “grève”, encore moins pour la cesser.
Les salariés, dans leur grande majorité, aussi bien du Public que du Privé, n’étaient pas grévistes, ils ne pouvaient tout simplement pas travailler parce qu’ils ne pouvaient se déplacer, craignaient pour leur sécurité et auraient de toutes façons trouvé une administration, une école ou une entreprise fermée pour raison de sécurité ou à la grille d’entrée cadenassée.
Alors de grâce, dîtes plutôt, sur le mode politiquement correct, “les évènements”, “le mouvement social” mais surtout pas “la grève générale”!!